Élevage de lucioles
(vers luisants)

Détail de l'expérience :

--> Avant de pratiquer cette expérience, veuillez lire le préavis concernant les expérience zoologiques <--
--> Notez que tous les insectes ont été relâchés à la fin de mes observations, inutile de me contacter pour en récupérer <--

Vous avez trouvé une luciole ? Signalez-le sur ce site pour aider au référencement =)

Résumé thématique

Sommaire

  1. Capture et habitat
  2. Croissance et métamorphose
  3. Reproduction et bioluminescence
  4. Alimentation
  5. Difficultés rencontrées

Les vers luisants (lampyris noctiluca) sont capturés sur les berges du Lac de Joux (VD), en Suisse. Je n'en avais jamais vu auparavant, mais je sais qu'ils se trouvent en général dans les prairies ou les forêts isolées, sur des terrains d'une certaine altitude et à proximité d'un cours d'eau. Les femelles sont actives principalement en juin et juillet, entre 22h et 23h. Je ramasse les insectes de nuit en me dirigeant grâce à la forte lumière qu'ils émettent. Les larves sont moins lumineuses que les femelles et elles s'éteignent à l'approche d'un danger.

Les mâles n'émettent pas de lumière et volent. Le seul moyen d'en attraper et lorsqu'ils s'accouplent : il faut attendre dans le noir à proximité d'une femelle en espérant qu'un mâle se pose dessus.

Je place les lucioles dans un terrarium, avec de la terre, des plantes et une grande racine. Le sommet est couvert d'un film pastique finement troué. Je vaporise tous les jours le terrarium afin de préserver l'humidité, y compris durant l'hibernation. Les insectes restants à la fin de l'expérience sont relâchés convenablement dans leur lieu d'origine.

Habitat et captivité des vers luisants
Les vers luisants sont maintenus dans un bac bien planté

  • Croissance et métamorphose (sommaire)

Les larves récoltées mesures environ un centimètre, elles sont bien plus petites lors de l'éclosion, mais je n'ai malheureusement pas pu assister à ce stade. Les larves grossissent très rapidement en mangeant des escargots, atteignant jusqu'à trois centimètres au bout d'un mois de croissance. Elles muent de temps en temps, laissant derrières elles une peau ouverte au niveau de la tête.

A partir d'octobre, les larves hibernent durant tout l'hiver. Elles se réveillent au mois de mai, où elles s'enterrent (chez cette espèce) et commencent leur nymphose qui dure environ 10 jours avant que l'adulte ne sorte de sa chrysalide.

Éclosion et formation de larves de lucioles, avec les mues successives, la nymphose et la métamorphose
Les larves grandissent rapidement (agrandir l'image)

  • Reproduction et bioluminescence (sommaire)

Pour attirer les mâles, les femelles émettent une lumière dite "froide", car elle dégage une quantité minime de chaleur. Cette bioluminescence se produit au niveau de l'abdomen des insectes, sur des segments situés à l'extrémité du corps. L'émission en elle-même découle d'un processus complexe nécessitant le présence de magnésium et d'ATP (agissant en tant que catalyseur et non de source énergétique).

Les mâles n'émettent pas de lumière et contrairement aux femelles qui ressemblent aux larves, ils ont des ailes. Leur yeux sont énormes afin de repérer de loin la lumière des femelles.

Une fois l'accouplement terminé (il dure plusieurs minutes), la femelle pond dans les jours qui suivent une série d'oeufs et meure quelques jours ou semaines plus tard. Elle perd alors un volume considérable après la ponte et n'émet plus de lumière. Apparemment, il semblerait que les femelles éjectent aussi leurs oeufs lorsqu'elles meurent, même si ceux-ci ne sont pas fécondés.

Reproduction des lucioles et différences morphologiques entres les deux genres (mâle et femelle)
Différences morphologiques entre mâles et femelles, accouplement et ponte (agrandir l'image)

Le mâle ne meurt pas après l'accouplement et peut aller féconder d'autres femelles. Les oeufs mettent plusieurs semaines (probablement un mois) avant d'éclore, ils sont cachés dans la terre sous une feuille et maintenus à une bonne humidité.

Pour ma part, je n'ai pas vu de lumière émises par les oeufs. Les larves émettent par contre également de la lumière, mais moins vigoureusement que les femelles (un seul segment abdominal contre 3 pour les femelles) et elles s'éteignent en cas de danger, mais se rallument faiblement lorsqu'on les manipule. Les chrysalides produisent aussi de la lumière lorsqu'elles sont dérangées.

Des vers luisants de différents stades émettant de la lumière
Des vers luisants de différents stades émettant de la lumière (agrandir l'image)

Les larves mangent des escargots, qu'elles anesthésient avant de les dévorer vivants, ne laissant qu'une coquille vide derrière elles. Elles sont particulièrement voraces et je veille à avoir toujours au moins 3 escargots dans mon récipient, même durant l'hibernation. Il semblerait que les adultes ne se nourrissent pas, ou du moins très rarement. Je ne les ai personnellement jamais vu s'alimenter.

Des vers luisants en train de manger des escargots
Les lucioles vident littéralement les mollusques, ne laissant que la coquille (agrandir l'image)

Il est vraiment difficile de trouver des lucioles, encore plus des larves et des mâles.

Durant l'hibernation, la majorité des insectes sont morts. J'imagine que cela est dû à une mauvaise gestion de la température et de l'humidité en plus des causes naturelles.

Notons aussi que l'expérience est particulièrement longue.

 

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Le récipient est aménagé avec de la végétation et des escargots

Le récipient est fraichement renouvelé

Commentaires  

0 #19 Intra-science 08-11-2018 05:44
Citation en provenance du commentaire précédent de Ada :
Je suis écrivaine (de récits brefs) et mêle souvent à mes textes le souvenir nostalgique des jardins de mon enfance peuplés de lucioles (exemple: vocanet.fr/.../LaDictee.pdf).
Mais si j'écris à ce site fort intéressant est pour poser des questions. Pourquoi il n'y a pas d'initiatives pour repeupler la nature? Les élevages ne doivent pas être si difficiles pour les scientifiques.Qu'en disent les spécialistes ?
Je voudrais aussi signaler que cet été, à la périphérie de Nîmes, dans une haie végétale, j’ai aperçu deux exemplaires. Bien cordialement

Bonjour Ada et merci pour ce partage ;-)
J'ignore s'il existe des initiatives pour élever et repeupler la nature de lucioles, d'autant plus que chaque espèce a ses spécificités et j'ignore lesquelles sont en danger. Cela étant, il existe un groupe soutenu par le CNRS qui se charge de les référencer et de les préserver. Tout le monde est invité à signaler les observations sur ce site, allez y jeter un oeil : www.asterella.eu/.../
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+2 #18 Ada 06-11-2018 09:38
Je suis écrivaine (de récits brefs) et mêle souvent à mes textes le souvenir nostalgique des jardins de mon enfance peuplés de lucioles (exemple: vocanet.fr/.../LaDictee.pdf).
Mais si j'écris à ce site fort intéressant est pour poser des questions. Pourquoi il n'y a pas d'initiatives pour repeupler la nature? Les élevages ne doivent pas être si difficiles pour les scientifiques.Qu'en disent les spécialistes ?
Je voudrais aussi signaler que cet été, à la périphérie de Nîmes, dans une haie végétale, j’ai aperçu deux exemplaires. Bien cordialement
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+1 #17 Intra-science 26-07-2018 00:56
Citation en provenance du commentaire précédent de Lilly :
J'habite la campagne depuis 12 ans près de le frontière
de la Hollande. et pour la toute première fois j'ai vu dans un coin ombragé du jardin des luciolles. C'est fascinant et je crois que ceci est extraordinaire !!!
Merci pour toutes vos explications sur ce sujet.
Bien a vous tous ...

Bonjour Lily,

Oui, il est rare d'en trouver ! Profitez-en =)
Vous pouvez faciliter leur vie en réduisant votre éclairage. Et pourquoi ne pas remplir une fiche de signalisation ici ? www.asterella.eu/.../ Ils seront tout contents que vous participiez au référencement de cette espèce.
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