Témoignage : élevage d'oisillons dès l'éclosion

Informations techniques :

 

--> Cette expérience est de difficulté critique, je déconseille sa reproduction hors d'un cadre spécialisé ! Nous vous rappelons que la détention d'animaux sauvages et le prélèvement des oeufs sont interdits. Si vous choisissez d'outrepasser cet avertissement, veuillez lire le préavis concernant les expérience zoologiques et les informations ci-dessous dans leur intégralité.

Sommaire

  1. Remarque ! important !
  2. Matériel utilisé
  3. Mise en place
  4. Entretien
  5. Sevrage et libération
  6. Durée
  7. Problèmes

 

Remarque (sommaire)

Vous trouverez ci-dessous le protocole et le matériel utilisé dans le cadre de ma propre expérience, ainsi que de nombreux conseils.

Ne copiez pas cet élevage complexe si vous n'êtes pas entièrement prêt à en assumer les conséquences, notamment sur le plan légal, éthique et personnel. Soyez conscient qu'il est interdit de prélever des oeufs dans la nature. Vous risquez de nuire à la vie des animaux que vous recueillerez. Demandez-vous pour quelles raisons vous souhaitez réellement pratiquer cet élevage, et si vos motivation peuvent raisonnablement justifier la mise en danger d'un autre animal.

 

Si vous souhaitez élever des bébés oiseaux, je vous recommande fortement d'en rester aux espèces nidifuges domestiques (poussins, cailleteaux, etc.), qui sont d'une part beaucoup plus faciles à élever, mais également bien plus gratifiants en terme de relation avec l'homme. Il existe aussi des oiseaux d'ornement de la famille des psittacidés qui peuvent être élevés à la main depuis l'oeuf.

 

Quelque soit votre choix, prenez le temps de lire le préavis concernant les expériences zoologiques si vous avez l'intention d'entamer ce type de démarches.

 

Matériel utilisé (sommaire)

En début d'expérience :

- Couveuse industrielle à retournement automatique

 

La couveuse régule les fonctions vitales
La couveuse régule les fonctions vitales et est nécessaire dans les premières semaines de vie

- 3 petits nids artificiels

- 2 thermomètres classiques

- Un thermomètre atmosphérique (pour terrarium par exemple)

- Une lampe de poche (ou un mire-oeuf)

- Une lampe infra-rouge (et une 2e de réserve)

- Réserve de papier ménage

- Sac de terreau naturel

- Matériel de nid (optionnel)

 

La matériel de nid est utilisé par les oiseaux en tant qu'isolant

Un faux nid pour oiseaux
La matériel de nid est utilisé par les oiseaux en tant qu'isolant

- De bonne réserves de désinfectant liquide à base d'iode ou d'ammonium (pour détruire certains types de germes)

 

Désinfectant liquide à base d'ammonium
Seuls certains composants permettent de détruire efficacement tous les germes

- Masques de chirurgien jetables

 

La salive et l'humidité de la respiration peuvent transférer des bactéries aux oisillons
La salive et l'humidité de la respiration peuvent transférer des bactéries aux oisillons

- Gants jetables en latex (optionnel)

- Grandes réserves de cuillères et tasses en plastique jetables pour préparer la nourriture (il en faut une nouvelle chaque heure)

- Purée d'élevage "hand feeding" de la marque Tropican ou Kaytee, pour le nourrissage d'oisillons dés l'éclosion (Seules purées valables à mon goût, commandées à l'avance et conservée au réfrigérateur). 1kg prévu par oisillon.

 

Marque spéciale hand-feeding pour oisillons nidicoles

Marque spéciale hand-feeding pour oisillons nidicoles
Deux types de purées sensiblement équivalentes dans leur composition

- Purée d'élevage pour insectivores à base d'oeuf (optionnel, ne remplace absolument pas la purée ci-dessus)

- Réserve de pipettes de 1ml en plastique avec embouts non métalliques à fixer sur l'ouverture pour faciliter le nourrissage (absolument obligatoire, exemplaires obtenus chez un vétérinaire)

 

Une seringue de vétérinaire pour le nourrissage des oisillons nidcoles
Ici l'embout est déjà fixé sur la seringue

- Mesurette d'eau (optionnel)

- Une bouteille de vinaigre de cidre, sans alcool (utilisé pour prévenir les troubles digestifs)

- Balance numérique, précise au gramme (utilisée pour suivre la croissance de l'oisillon et déceler les problèmes)

- Réserve de bouteilles d'eau (en fonction de la qualité de l'eau du robinet)

- Marbocyl ou équivalent (Vital. Antibiotique à large spectre prescrit par un vétérinaire)

 

Le marbocyl est un antibiotique à large spectre
Une bouteille de marbocyl

Au cours de l'expérience :

- Viande rouge (steak de cheval cru et sans aromates)

- 2 petits tupperwares

- Un mixer (pour broyer la viande et les vers lors des premières semaines de vie)

- Vers de farine vivants (excellent complément alimentaire, achetés en animalerie)

- 3 grands nids artificiels

- Grande cage à oiseau avec perchoirs

- Une mangeoire et un abreuvoir où l'oiseau peut également se baigner

- Vers de terreau et vers de teigne (essentiels pour les oisillons insectivores)

 

Les larves de teignes dans leur pot
Les larves de teignes dans leur pot (agrandir l'image)

- 2 moustiquaires pour chaque fenêtre et des rideaux transparents pour protéger les vitres

- Fruits régionaux (pommes, poires, cerises,...)

- Crevettes "gammarus" pour tortues d'eau douce et graines pour insectivores (optionnel, bon complément pour insectivores)

 

Le jeune merle raffole de ces crevettes, je les laisse tremper dans l'eau pour les ramollir avant la becquée
Les jeunes merles raffolent de ces crevettes

- Sacs poubelle et bâches pour protéger le sol et les meubles

- Détergent non-toxique et produits pour laver les déjections sur le sol et les meubles

- Grand bac aux bords peu élevés (5cm, genre couvercle d'1m2) pour poser la terre et la nourriture lors du sevrage

- Sac de couchage chaud (pour dormir dehors en libérant les oiseaux)

- Petite cage de transport pour libérer les oiseaux

 

Mise en place (incubation et éclosion) (sommaire)

- Cet élevage est réalisé avec la collaboration quotidienne d'un partenaire. Une attention permanente est requise : 20 minutes par heure en moyenne, nuit et jour durant les premiers temps, et ce pendant 2 mois. Impossible de travailler dehors durant cette période.

- La totalité du matériel nécessaire au début de l'élevage est réunie à l'avance. Il faut par ailleurs savoir où se procurer le reste des fournitures qui seront requises au fil du temps.

- La pièce choisie pour l'élevage est à l'intérieur, dispose d'une fenêtre et est maintenue à une température convenable. Pour éviter au maximum l'empreinte, cette pièce ne sera pas habitée durant les mois que durera l'expérience. Aucun autre animal ne pourra y pénétrer.

- Cette pièce sera vidée afin de faciliter le nettoyage (notamment les tapis et autres nids à fibres), puis lavée consciencieusement pour éliminer toute trace de danger pour l'oiseau lorsqu'il pourra voler librement.

- Tout le matériel d'élevage, notamment la couveuse, est lavé et désinfecté soigneusement. A plusieurs reprises. L'hygiène est un point crucial, car nous avons à notre époque peut de moyens pour soigner ces jeunes oisillons à posteriori.

- La couveuse est installée dans un endroit isolé, à l'abri des courants d'air et de la poussière. Personne ne doit pouvoir la faire tomber ou la bousculer en passant, et elle doit recevoir suffisamment de lumière sans pour autant être au soleil.

- 24h avant d'aller chercher les oeufs, j'allume la couveuse et je remplis les bac d'eau. La température doit se stabiliser sur 37,8°C (100°F), et je vérifie également que le retournement automatique fonctionne. En cas d'odeur anormale dans la couveuse, il faut l'aérer et patienter 24h de plus avant de l'utiliser.

- Concernant les merles noirs, le mois d'avril est sans doute le plus propice, mais la nidification peut avoir lieu de mars à juin. Les nids mesurent une dizaine de centimètres de diamètre, ils se trouvent principalement dans les buissons et les haies de feuillus (pas les thuyas et les épineux, sauf le houx), posés sur l'intersection des branches à même le tronc. Il sont masqués par le feuillage. On peut également en déceler sous le lierre ou autre plante grimpante, toujours entre 1,5 et 2,5 mètres de hauteur. Les endroits propices à ce type de végétation sont les quartiers résidentiels (petites villas avec jardin) et les pépinières.

 

Les murs couverts de lierre et les buissons feuillus sont propices aux merles, qui nichent à environ 2 mètres du sol
Les murs couverts de lierre et les buissons feuillus sont propices aux merles, qui nichent à environ 2 mètres du sol

- La grande majorité des nids sont vides, car ils restent en place d'une saison à l'autre mais ne sont pas toujours réutilisés. Les oeufs de merle mesurent environ 3 cm et sont de couleur turquoise tachetée de brun. Les femelles en pondent généralement un par jour, pour un total compris entre un et 6. Dans mon expérience, j'ai pris deux oeufs sur les 4 présents et la femelle est revenu couver ceux qui restaient. J'ignore si c'est une généralité. Dans tous les cas, les oeufs non-couvés cesseront leur croissance. Il ne faut jamais mélanger des oeufs ou des oisillons de nichée différentes, pour des question d'hygiène et de transmission des maladies.

 

Deux oeufs de merle bleutés
Les oeufs de merle sont bleutés

- Le transport des oeufs peut s'avérer délicat. J'ai utilisé une petite sacoche rembourrée pour éviter qu'ils ne s'entrechoque et les isoler des secousses et du froid. Il est impératif de ne pas les laisser se refroidir plus de 30 minutes si la couvaison a déjà débuté ! Je les ai personnellement placés dans le creux de ma main pour les maintenir au chaud.

- Quelles que soit vos motivations et vos préparatifs, je vous rappelle que la détention d'animaux sauvage est interdite. Si vous prélevez des oeufs, soyez discrets car vous pourriez inciter d'autres personnes non préparées à faire de même et à mettre en danger la vie des oisillons.

- Une fois les oeufs rapportés, ils sont placés immédiatement dans la couveuse. La température doit rester stable : une valeur supérieure à 38,5°C peut être dommageable pour les embryons et mortelle au delà de 39,5°C. Un valeur inférieure à 37,5 C peut considérablement ralentir le développement des oisillons, entrainant différents troubles. Des pics momentanés à la baisse (par exemple en ouvrant la couveuse) ne sont pas grave étant donné que dans la nature les mère quittent parfois le nid quelques minutes. Des pics à la hausse peuvent tuer les oeufs.

- L'humidité durant les premiers temps ne doit pas être trop élevée (j'ai suivi les instruction de ma couveuse ). Une humidité trop haute ou trop basse durant les 12 premiers jours peut produire des problèmes plus ou moins grave en modifiant la taille de la poche d'air interne à l'oeuf.

- Le mirage des oeufs permet de voir s'ils sont fécondés et à quel stade est leur développement. Il s'agit d'illuminer fortement l'oeuf avec une lampe de poche afin de voir au travers de la coquille. Pour ce faire, il est nécessaire d'être dans une pièce noire et de faire très attention à ce que la coquille ne heurte pas la lampe (les oeufs de merles sont très fragiles). Les oeufs non-fécondés ou tout au début de leur développement sont transparents. A partir du 3e ou 4e jour, les oeufs fécondés se parent de vaisseaux sanguins. De 5 à 12 jours, la masse noire que forme l'embryon se développe et prend du volume. Au 13e et 14e jour, l'oisillon perce la poche d'air et occupe alors tout le volume de l'oeuf.

 

L'oeuf n'a pas débuté sa formation, on n'y voit acun visseaux sanguins
L'oeuf n'a pas encore débuté sa formation

Les vaisseaux sanguins longent la paroi interne de l'oeuf
Les vaisseaux sanguins longent la paroi interne de l'oeuf (5e jour)

L'oeuf est sur le point d'éclore, seule la poche d'air est visible en transparence
L'oeuf est plein, seule la poche d'air est visible en transparence (12e jour)

- Les oeufs seront mirés 3 fois durant l'expérience : après la récolte, au 5e jour et au 12e jour. Chaque manipulation inutile des oeufs ou des oisillons peut mettre leur vie en danger et interférer dans leur développement.

- A partir du 12e jour d'incubation, j'augmente l'humidité de la couveuse en rajoutant de l'eau et une éponge dans le fond. Cela facilite le bêchage de la coquille.Il ne faut jamais sprayer d'eau directement sur les oeufs. A ce stade, j'interromps également le retournement automatique et je fait en sorte que les nouveaux-nés ne puissent pas tomber dans les bacs au fond de la couveuse après leur éclosion.

- Les oisillons de merles noirs éclosent normalement entre 13 et 14 jours. Le bêchage (cassage de la coquille) peut durer plusieurs heures. Durant cette période, je baisse légèrement la température (ver 37,4°C). Ne pas aider les oisillons à sortir ! Si le bêchage dure plus de 12h ou que l'éclosion a lieu après le 14e jour, un peu de vinaigre dilué dans l'eau au fond de la couveuse (une cuillère à soupe pour un litre) peut aider à ramollir la coquille. L'éclosion des nidicoles est en générale moins laborieuse que celle des nidifuges.

- Dès que le bêchage commence, je soulève délicatement les oeufs et place une couche de papier ménage au dessous pour que les nouveaux nés ne se prennent pas les pattes dans la grille.

- Durant le bêchage et l'éclosion, je parle de temps en temps aux oisillons à travers la vitre de la couveuse (sans l'ouvrir, pour éviter les refroidissements et les germes). La voix est une grande motivation sur le comportement des petits oiseaux, ils sont très réactifs à la présence d'un autre être vivant et lutterons nettement mieux pour leur survie s'ils se sentent accompagnés. Cela augmente cependant l'empreinte.

 

Un oeuf de merle en train de s'ouvrir devant le bêchage de l'oisillon
Éclosion d'un bébé merle

- Tout en surveillant l'éclosion, je prépare en parallèle un petit nid artificiel rembourré avec du matériel de nid et une couche de papier ménage. Le nid est placé à 30-45 cm sous une lampe infra-rouge afin de le réchauffer (un thermomètre atmosphérique au fond du nid indique environ 37,8°C). La température corporelle de ces oiseaux est d'environ 38°C.

 

Installation sanitaire pour le nourrissage des oisillons
L'installation générale, qui servira au nourrissage pour le reste de l'expérience

- Lorsque les oisillons sont sortis de l'oeuf, je les laisse dans la couveuse et prépare la première portion de nourriture. Dans cet élevage j'ai délibérément choisi de leur administrer des aliments liquides car ils me paraissent plus digestes et complets qu'une alimentation solide (à base de biande rouge et de vers).

- Je mets un masque chirurgical et me lave les mains au désinfectant, puis je mélange dans une tasse en plastique de l'eau chaude avec de la purée d'élevage Tropican ou Kaytee. La consistance doit être totalement liquide, il est vitale que le mélange soit le moins concentré possible (selon les proportions au dos du paquet de purée). La température du mélange doit être comprise entre 36,5 et 38 °C ; je l'ajuste à l'aide d'un thermomètre et je mélange bien le tout pour rendre la mixture homogène. J'utilise ensuite une seringue stérile de 1ml avec un embout fixé à son extrémité (vital pour ne pas provoquer de pneumonie par aspiration en déversant du liquide sur la trachée).

- Les oisillons sont sortis de la couveuse et mis dans le nid artificiel pour la durée du nourrissage. Je prends l'animal dans la paume de ma main, couché sur le dos, et j'insère ensuite délicatement l'embout de la pipette dans l'oesophage, au fond à droite de la gorge. La pipette peut rentrer sans dommage jusqu'au jabot. Je presse ensuite très lentement : une goutte par oisillon suffit. Je prends garde à ce que la nourriture ne déborde pas vers les bords du bec, car le liquide pourrait passer dans la trachée.

 

Anatomie générale des voies digestives et respiratoires hautes (Trachée et oesophage d'un merle noire)

Anatomie générale des voies digestives et respiratoires hautes
Anatomie générale des voies digestives et respiratoires hautes (agrandir l'image)

- Si un oisillon ne réclame pas à manger, je lui parle (toujours avec un masque) et le stimule avec ma main. S'il n'ouvre toujours pas le bec, je réessaie de le nourrir 5 à 10 minutes plus tard, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il s'alimente (je réchauffe la nourriture à l'aide de la lampe infra-rouge, en mélangeant bien pour garder une température homogène). S'il ne mange pas après plus d'une heure, une petite goutte de mixture est mise directement sur la pointe de son bec et sa peau sera maintenue hydratée à l'aide d'un coton-tige imbibé d'eau tiède.

- Tout ce processus de nourrissage est répété de la même manière chaque heure durant les premières semaines de vie.

- Après chaque nourrissage, les petits sont remis directement dans la couveuse, dans un nid artificiel aménagé pour l'occasion. La couveuse permet d'assurer une température et une humidité stable de jour comme de nuit durant une dizaine de jours.

- Certains oisillons naissent avec un nombril sanguinolent ou porteur d'une petite croûte brune. Il s'agit d'une infection et il faut impérativement séparer cet oisillon des autres. De même si l'un des oisillons a un comportement anormal (il se tient en boule, tousse, etc.). Ne rien faire pourrait exposer les autres petits à une propagation. de ces troubles.

 

Un nombril mal cicatrisé est source d'infection pour le bébé
Un nombril mal cicatrisé est source d'infection pour le bébé, mais aussi pour les autres oisillons

Entretien (sommaire)

- Le premier jour, les oisillons sont nourris toutes les 30 minutes, avec une goutte de mixture telle que préparée dans le point précédent. Avant chaque repas, les ustensiles réutilisables (pipette, embout, thermomètre,...) sont lavés et désinfectés. Je fais de même avec mes mains, et porte un masque de chirurgien pour limiter la diffusion des germes. L'hygiène est fondamentale pour la survie des oisillons. Une nouvelle tasse en plastique et cuillère jetable sont utilisées à chaque repas, et je ne conserve jamais un mélange d'une fois à l'autre.

- La nuit du premier jour, la becquée est donnée toutes les heures, voir toutes les 45 minutes s'ils les oisillons ont l'air faibles. Je me fais aidée par mon conjoint. Les premières déjections ont lieu durant la nuit. Je change le papier ménage qui tapisse le nid après chaque nourrissage, l'idéal étant de préparer à chaque fois un nouveau nid et d'effectuer directement le transfert des oisillons. Le remplacement des couches souillées sera systématiques jusqu'à ce que les petits puissent sortir du nid.

 

Les crottes doivent être beiges, jaunes ou brunes, jamais vertes ou oranges
La première déjection d'un bébé merle

- J'évite de manipuler les oisillons plus que nécessaire, mais je leur parle régulièrement. Ce procédé a beau augmenté l'empreinte, il reste utile pour motiver les oisillons et pour les stimuler au quotidien. Je pense pour ma part que la communication est nécessaire au développement des oisillons au même titre que celui des bébés humains.

- Les oisillon tous les matins partir du 2e jour. Noter ces poids permet de suivre leur progression et de détecter d'éventuels problèmes sous-jacents. Un oisillon en forme prend toujours du poids d'un jour à l'autre (sauf lors du sevrage). Un signe d'amaigrissement est très dangereux et nécessite des mesures immédiates (voir la section "problèmes")

Évolution du poids d'un oisillon nidicole (merle noir) en fonction de son âge et depuis l'éclosion
Exemple d'évolution du poids d'un oisillon en fonction de son âge (agrandir l'image)

- Le second jour, les oisillons sont nourris toutes les heures pendant la journée et la nuit. Ce rythme diurne est maintenu durant la première semaine, en espaçant les becquées nocturnes de 15 minutes supplémentaires chaque jour. Au moindre signe d'amaigrissement ou de faiblesse, je reviens à un rythme d'une fois par heure durant la nuit également.

- A partir du 2e jour, j'augmente très légèrement la concentration de la purée d'élevage. Je me réfère au dos du paquet pour les proportions exactes. La mixture doit rester liquide pour être digeste, jusqu'au 7e jour où elle devrait ressembler à de la soupe épaisse, puis à de la purée de pomme au 10e jour et enfin de la pâte à crêpe au 15e jour. Quelque soit la consistance, la mixture ne devrait jamais rester collée à la cuillère.

- Au niveau des quantités, je donne ce que l'oisillon est capable d'avaler sans que le liquide recouvre la trachée. Cela varie selon son appétit ; parfois la pipette s'enfonce jusque dans le jabot où je peux alors verser de plus grande quantités. D'une manière générale, je favorise les petites quantités en plusieurs fois plutôt que de risquer d'étouffer un oisillon en mettant trop de nourriture d'un seul coup. Voici les quantités moyennes par heure d'après ma propre expérience :

-- 1er jour : une goutte

-- 2e jour : 0.4 ml

-- 3e-5e jour : 0.5 à 1 ml

-- une semaine : 1 à 2 ml

-- 12 jours : 2.5 à 3 ml

- Dès la nuit du 3e jour, des protéines doivent être ajoutée à la purée d'élevage. Un demi steak de cheval cru, une quinzaine de vers de farines et quelques des vers de terre sont rincés et broyés à l'aide d'un mixer, le tout additionné de deux tasses d'eau. Sur les conseils d'un vétérinaire aviaire, j'ajoute à ce mélange quelques gouttes de vitamines pour oiseaux. Le mélange parfaitement liquide est ensuite déposé dans un tupperware pour former une couche de 1cm d'épaisseur. Je congèle ce mélange et, à chaque nourrissage, j'en ajoute un morceau à la ma purée de base. Je commence par de petites proportions (moins d'un 5e du total le premier jours), puis j'augmente les proportions pour avoir 50% de mélange protéiné et 50% de purée d'élevage dans les jours qui suivent.

 

Le mélange protéiné est congelé pour éviter la croissance des bactéries
Le mélange protéiné est congelé pour éviter la croissance des bactéries

- Entre 5 et 7 jours, les oisillons ne sont plus nourris sur le dos (ils cherchent d'ailleurs à se retourner). Il faut les tenir dans leur nid ou assis dans le creux de la main.

 

Un bébé merle en train d'être nourri à la pipette (avec de la purée d'élevage)
Nourrissage dans le nid (agrandir l'image)

Nourrissage classique à 12 jours


- La nourriture donnée reste entre 36.5 et 38°C jusqu'à introduction d'une alimentation solide (après 15 jours de vie en moyenne). J'utilise de l'eau chaude pour mes mélanges et une lampe infra-rouge pour régler la température si nécessaire (je mélange bien pour uniformiser la chaleur).

 

La lampe permet de chauffer efficacement et précisément la purée
La lampe permet de chauffer efficacement et précisément la purée

- J'expose quelques minutes par jour les oisillons au soleil (sans les vitres de la fenêtre) en les tenant dans ma main, cela stimulera leur métabolisme.

- Je vérifie l'état des déjections au fil du temps. Les crottes doivent être beiges ou brunes avec une partie blanche (sauf le premier jour). Elles ne doivent pas être trop liquides (voir la section "problèmes").

 

Chez les oiseaux, l'urine et les fèces sont rejetées en même temps

Les fèces et l'urine sont contenus dans une poche blanche

On distingue bien les fèces et l'urine
Exemples de déjections saines à des âges différents

- A partir de 9 jours, un nid artificiel de plus grande taille est utilisé pour éviter que les oisillons n'en sortent.

- En temps normal, un oisillon qui a faim réclame le bec ouvert et en piaillant. Si ce n'est pas le cas ou s'il semble avoir des difficultés à respirer, cela peut témoigner de troubles plus ou moins graves (voir la section "problèmes").

- Du 5e au 15e jour, je diminue très graduellement la température de la couveuse : 37°C, 36.8, 36.5, etc... jusqu'à 32°C au 14e jour et 30°C le 15e. Au moindre signe de faiblesse, j'arrête cette diminution.

- La nourriture solide est tranquillement introduite à partir du 15e jour : la première fois, je donne un seul vers de terre coupé en morceaux à l'aide d'une pincette en plastique. Les jours suivants, j'augmente les quantités et donne proportionnellement moins de purée.

 

Les vers de terre sont à la base du régime des merles
Un morceau de ver de terre tenu dans la pincette (agrandir l'image)

- A partir de 15 jours, les oisillons sont plumés et prêts à sortir de la couveuse. J'aménage une cage de manière à leur offrir un environnement adapté. Je tapisse le fond de la cage de papier ménage et j'installe quelques nids artificiels dans les coins. Je place également des perchoirs simples d'accès sur lesquels les oisillons pourrons s'entrainer à monter. Dans l'un des bords, une lampe infra-rouge est suspendue afin que les oisillons disposent d'une source de chaleur (notamment la nuit). Pour les 2-3 premiers jours, j'entoure partiellement les bords de la cage dans un drap afin que les oisillons ne soient pas trop stressés par le changement d'environnement et de luminosité.

 

Un petit merle noir sur son perchoir
Le fond de la cage

- Je continue avec la nourriture solide, introduisant d'autres sortes de vers (Je coupe la tête des vers de farine) et des petits morceaux de viande rouge crue. Les crevettes Gammarus sont un bon complément pour insectivores que je trempe dans l'eau avant de les donner. Les oisillons apprécient la diversité alimentaire. Je diminue la proportion de purée jusqu'à ne donner que des aliments solides lorsque les jeunes merles ont 25 jours de vie. Je surveille l'état des crottes, qui foncent progressivement pour devenir noires/brunes avec une partie blanche.

 

Sevrage et libération (sommaire)

Avec le temps, Les oisillons doivent apprendre à se débrouiller seuls pour pouvoir retourner ensuite à la vie sauvage. Cette transition correspond au sevrage.

- De 7 à 15 jours, la fréquence des nourrissages nocturnes est réduite jusqu'à l'arrêt complet. Je donne le dernier repas vers 22h et le premier à 6h. Dès 15 jours, j'espace également la fréquence des nourrissages diurnes pour arriver à une fois toutes les 2h lorsque les oisillons ont 25 jours. Les quantités données doivent compenser cet espacement ; je surveille la courbe de poids pour me guider dans mes proportions.

- Une fois que les oisillons sont en cage (15e jour après l'éclosion environ), je mets sur le fond de la cage de la purée d'élevage sèche, des morceaux de fruits (pomme, poire,...) et des graines pour insectivore. Lorsque les oisillons commencent à se déplacer, ils se montrent très intéressés par ces éléments et essayent de les picorer.

 

L'oisillon tente de picorer et se nettoie ensuite les plumes


- Le 16e jour, je mets à disposition une mangeoire aux bords bas contenant des graines, ainsi qu'une autre mangeoire avec un peu d'eau. Je continue à mettre de la nourriture à même le sol afin de stimuler les oisillons.

- Les jours qui suivent, les jeunes oiseaux changent de comportement ; ils se mettent debout, commencent à se toiletter et à battre des ailes. La cage est réorganisée avec des perchoirs plus hauts. Je présente aux oiseaux des vers de farine vivants à même le sol (ils n'arrivent pas encore à les manger, mais cela les motive à essayer).

- A partir de 25 jours, je cesse de donner de la purée et continue sur un régime à base de vers de terreaux (petits vers de terre) et autres aliments solides. Je laisse désormais toujours une mangeoire d'eau à disposition des oiseaux, ainsi qu'un bac avec des vers de terreau, des vers de farine et des petits morceaux de fruits.

 

Le jeune merle tente de manger par lui-même, c'est le début du sevrage

 

Nourrissage avec des vers de terreau (entiers ici car l'oiseau est plus âgé)


- Lorsque les oiseaux ont environ un mois, il est temps d'ouvrir la cage et de les laisser se balader dans la pièce d'élevage. Avant cela, je nettoie complètement la salle : c'est un point vital. Il ne doit pas rester le moindre grain de poussière sur les sols, car les oisillons picorent tout et risquent d'avoir de sérieux troubles digestifs. Je porte une attention particulière aux cheveux, car j'ai eu des problèmes avec plusieurs de mes élevages à cause de cela. J'enlève également tous les objets inutiles et je protège les meubles restants à l'aide de bâches et de sacs poubelle.

- Les vitres et les miroirs sont couverts, la fenêtre est ouverte mais munie de deux solides moustiquaires et d'un rideau transparent.

- Je place sur le sol un grand couvercle où je mets un mélange de vers de terreaux, de fruits, de vers de farine, de graines, etc. Ainsi qu'un petit bac d'eau où les oisillon pourront boire et se baigner.

 

Il mange par lui même les aliments posés sur le bac
L'oiseau dans son bac de nourriture

Il se nettoie vigoureusement


- Les premiers jours où la cage est ouverte, je reste systématiquement avec les oiseaux et je les remets dans leur cage durant la nuit. Par la suite, je leur laisse davantage de liberté.

- Les sols sont nettoyés quotidiennement à la main (pas d'aspirateur, pauvres oiseaux !). Je porte un bandana lors de mes passages dans la chambre afin de limiter les risque de déposer des cheveux.

- Par la suite, je mets dans le bac à nourriture de la terre et des feuilles qui couvriront les vers vivants. Ceci sert à inciter les oisillons à fouiller pour trouver leur proie. Je continue bien sûr à leur donner la becquée tant qu'ils réclameront (cela peut durer jusqu'à deux mois après l'éclosion), mais j'espace progressivement les repas à partir de 35 jours, pour passer de toutes les 2 heures à 3 fois par jours seulement (matin - midi - soir). Je me fie à la courbe de poids, même s'il est normal qu'elle chute légèrement à cette période.

- Au fil du temps, j'introduis d'autres sortes de nourriture et d'éléments naturels (sauterelles, escargots, épis de blés...). J'apporte des plantes, des grosses pierres et autres objets du dehors pour que les oiseaux puissent découvrir leur futur environnement. J'essaie de leur offrir un maximum de diversité sans pour autant les mettre en danger. Je passe en parallèle de moins en moins de temps avec eux afin qu'ils se déshabituent de ma présence.

- Lorsque les oisillons ne demandent plus la becquée et commencent à devenir plus sauvages (typiquement à partir d'un mois et demi), il est temps de les relâcher. Il s'agit d'une étape clé où l'animal doit absolument pouvoir se débrouiller seul.

- Un endroit de libération propice peut se situer dans une zone résidentielle, ou à la campagne. Il ne doit pas y a voir trop de chats, de renards ou de voitures. L'idéal étant une végétation dense, la présence d'un point d'eau et éventuellement un prés ou un verger à proximité. Les merles noirs vivent à proximité des habitations ; les endroits isolés de toute activité humaine (comme une forêt) ne conviennent donc pas. Un jardin est une bonne option.

- Il vaut mieux partir tôt le matin, un jour de semaine, en emportant les oiseaux dans une cage de transport couverte d'un drap. Se munir de bouteilles d'eau, de tupperwares jetables, d'un linge de pic-nique et une très grande réserve de nourriture pour oiseaux (vers en tout genre, graines, fruits,...). Un sac de couchage est utile pour passe la nuit sur place. L'idéal est de se placer dans le lieu en question et de s'y installer. La cage sera simplement posée, sans être ouverte ni même découverte durant quelques minutes, le temps que les oiseaux s'habituent.

- Un petit pan de la cage sera ensuite découvert, puis une nouvelle période d'attente. Au fur et à mesure, les animaux s'habitueront, jusqu'à ce que la cage puisse être ouverte. Ils sortiront alors pour explorer leur nouvel environnement.

- Rester sur place jusqu'au lendemain permet d'observer l'attitude des oiseaux et de leur donner un point de référence (ils seront peut-être partis hors de vue, mais resterons tout de même dans les environs durant quelques temps). Après cela, il faut répartir toute la nourriture que emportée dans cette zone (accrocher les fruits aux branches des arbres, jeter des vers un peu partout,...), puis remplir les tupperware avec de l'eau fraîche et les poser dans différents endroits. Tout ceci permettra aux oiseaux de faire une meilleure transition. Cette action peut être répétée les jours qui viennent afin de limiter la concurrence alimentaire avec les autres oiseaux de la région.

 

Durée (sommaire)

Quelques estimations issues de ma propre expérience.

- Expérience de base (incubation, éclosion et soin jusqu'à la libération) :

Durée : 2 mois

Attention moyenne requise : ~ 16 minutes par heure (du matin au soir + la nuit durant les premiers jours). Cette valeur est une moyenne répartie à titre indicatif sur toute la durée de l'expérience.

- Expérience élaborée (avec illustrations et prises de notes pour les résultats) :

Durée : 2 mois

Attention moyenne requise :~ 22 minutes par heure (du matin au soir + la nuit durant les premiers jours). Cette valeur est une moyenne répartie à titre indicatif sur toute la durée de l'expérience.

 

Questions et problèmes (sommaire)

AVIS aux internautes : si vous avez recueilli un oisillon en détresse, veuillez vous référez avant tout à : cet article, et notamment à cette section.

Veuillez lire la section "remarque" avant de poursuivre la lecture de ces problèmes.

 

Je tiens à faire cette expérience, mais je travaille durant la journée, puis-je la pratiquer malgré tout ?

- Absolument pas, à moins de vous faire aider ou de prendre de longues vacances... Cette expérience requiert une attention presque permanente durant le premier mois après l'éclosion. Ne jouez pas avec la vie de ces oisillons.

J'ai élevé auparavant des poussins, cette expérience est-elle similaire ?

- Les poussins sont des oiseaux nidifuges, c'est-à-dire qu'ils naissent avec les yeux ouverts, un duvet et qu'ils sont capables d'être indépendants dès l'éclosion. Ce n'est pas du tout le cas des oiseaux nidicoles, dont font parti les merles : les oisillons naissent nus et aveugles, ils sont complètement dépendants de leurs parents pour le nourrissage et la régulation thermique. Sans oublier que les poussins sont domestiqués et sélectionnés depuis longtemps, alors qu'il n'y a pratiquement aucune information sur l'élevage des merles en tant qu'animaux sauvages. Rappelez-vous qu'il est illégal d'élever des animaux sauvages et de prélever des oeufs dans la nature.

Les oeufs sont morts durant l'incubation :

- Les conditions d'incubation étaient peut être mal réglées si plusieurs oeufs sont morts.

- Les oeufs ont pu être secoués ou subir des pic de chaud ou de froid durant le mirage.

- Il peut également s'agir d'une mauvaise hygiène au sein de la couveuse, ou encore la présence de produits toxiques (restes de désinfectant,...)

- Il est normal que certains oeufs n'arrivent pas à terme, il peut s'agir d'une mauvaise portée d'un point de vue génétique.

 

L'embyron est mort à un stade avancé
Embryon mort à un stade avancé.

Les oisillons sont en retard d'éclosion :

- C'est en général dû à une température trop basse (typiquement si vous ouvrez souvent la couveuse) ou à une humidité excessive durant les premiers jours (la poche d'air se développe anormalement).

Les oisillons n'arrivent pas à sortir de l'oeuf :

- L'humidité est sans doute trop basse, augmentez la en ajoutant de l'eau au fond de la couveuse ou des éponges humides. Vous pouvez également sprayer de l'eau vinaigrée sur les parois internes de la couveuse.

- Si les oisillons sont faibles, il peut s'agir de déformations ou de retard de croissance d'origine génétique ou situationnelle.

Un des oisillons est né avec un problème au nombril : du sang ou une croute :

- Une mauvaise cicatrisation du nombril peut être source d'infection mortelle et contagieuse. Séparez immédiatement cet oisillon des autres et donnez-lui une petite goutte de marbocyl directement dans le bec.

J'ai des oisillons mais je n'arrive plus à m'en occuper :

- Contactez un vétérinaire aviaire ou un centre spécialisé auquel vous pourrez céder vos oisillons et éventuellement le matériel d'entretien. Ne vous en débarrassez pas dans la nature, ils n'auront aucune chance de survie.

- Pour plus de détails, consultez cet article.

Un des oisillons ne réclame plus à manger :

- Si un jeune oisillon nu et aveugle ne mange pas durant plus de deux heures et ne réclame pas la becquée, sa survie est en danger.

- Essayez tout d'abord ces différentes techniques pour le faire quémander :

- stimulation gustative : placer une petite goutte de purée sur l'extrémité de son bec
- stimulation auditive : siffler ou parler avant la becquer.
- changement de luminosité : le faire passer de l'ombre au soleil ou le couvrir d'un tissu qu'on retire d'un coup
- changement de température : le placer quelques secondes sous la lampe infra-rouge, la chaleur le fait "haleter" puis ouvrir le bec
- stimulation mécanique : le déplacer (plus ou moins rapidement), ou le sortir de son nid
- stimulation visuelle (seulement si ses yeux sont ouverts...) : agiter la seringue au-dessus de sa tête

- Un oisillon en bonne santé réclame toujours à manger, la cause de ce dysfonctionnement est souvent plus grave qu'il n'y paraît. Étudiez le comportement de l'oiseau : se tient-il en boule, tremble-t-il, a-t-il de la peine à respirer ou à déféquer ? Si oui, consultez cette liste de problèmes.

Il nait nu et aveugle, comme tous les oiseaux nidicoles
Oisillon en boule ; un signe de mauvaise gestion de la température

- Dans tous les cas, il est vivement recommandé d'apporter un oisillon malade dans un refuge spécialisé. Veuillez vous référez à cet article.

L'un des oisillons ne piaille pas :

- Dès le 2e jour, les oisillons devraient normalement piailler en réclamant la becquée. Si ce n'est pas le cas, il peut s'agir d'un symptôme bénin comme d'un annonciateur de maladie. Vérifiez que l'oiseau n'ai pas de troubles respiratoires ou de la déglutition. Si tel est le cas, reportez-vous au point suivant.

Les oisillons sont en boule, ou halètent :

- Si les oisillons se tiennent recourbés, la tête entre les pattes arrière, c'est sans doute qu'ils ont froid. Au contraire s'ils espacent les ailes de leur corps et semble haleter, c'est qu'ils ont trop chaud.

- Il est important de bien réguler la température lors du premier mois et de maintenir une bonne humidité la première semaine.

- A défaut, il est préférable qu'il fasse trop chaud que trop froid, car le froid pose problème à la digestion. Pensez à bien hydratez votre oiseau si vous ignorez si le température est trop élevée.

La peau des oisillons est sèche et rouge :

- Ils sont probablement déshydratés. Vérifiez que la température ne soit pas trop haute, augmentez l'humidité et si nécessaire imbibez la peau des oisillons d'eau tiède à l'aide d'un coton-tige.

L'un des oisillons tousse et/ou a de la peine à respirer ou à déglutir :

- La cause la plus courante est une pneumonie par aspiration, une maladie des voies respiratoires engendrée par le passage de liquide dans la trachée lors du nourrissage. Il s'agit d'un trouble fréquent et mortel s'il n'est pas traité à temps. Donnez immédiatement une goutte de marbocyl dans le bec de l'oisillon. Si nécessaire ou si l'oisillon régurgite, mélangez le marbocyl à la prochaine pipette de nourrissage. Redonnez ensuite une nouvelle goutte 4h plus tard, diluée dans la purée, ainsi qu'une autre le lendemain. Ne pas donner d'avantage d'antibiotique.

- Ce traitement devrait pouvoir corriger d'autres types de troubles des voies respiratoires. Ajouter également quelques gouttes de vinaigre de cidre à la nourriture lors de la prochaine becquée et séparez cet oisillon des autres.

- Laissez votre oiseau se reposer au chaud (température de 37.8°C si l'oisillon est nu, 37°C s'il est légèrement plumé et 36.5°C s'il est entièrement plumé) et montez l'humidité à l'aide d'une éponge. Forcez-le à manger de petites quantités toutes les heures et parlez-lui pour le stimuler. Si ce n'est pas déjà fait, ajoutez impérativement un embout à votre pipette pour mieux viser l'oesophage et éviter la trachée.

- Dans tous les cas, il est vivement recommandé d'apporter un oisillon malade dans un refuge spécialisé. Veuillez vous référez à cet article.

J'ai blessé le fond de la gorge de mon oisillon en le nourrissant :

- Un geste trop brutal avec une pipette peut éventuellement blesser l'oiseau. Donnez-lui une toute petite goutte de marbocyl sur le bout du bec et téléphoner à un vétérinaire aviaire pour obtenir rapidement une consultation. Vous pouvez aussi téléphoner à un centre spécialisé, veuillez vous référez à cet article.

Un des oisillons ne défèque plus ou a de la peine à déféquer :

- Normalement, les oisillon défèquent après chaque repas, un ralentissement ou un arrêt du transit peut correspondre à un blocage du jabot : la nourriture ingérée n'arrive pas à être correctement digérée.

 

Les intestins et l'estomac sont pleins
Blocage grave du transit intestinal : la nourriture n'est pas digérée

- Si l'oisillon n'est pas sous alimenté, fluidifiez la nourriture afin de faciliter la digestion. Diminuez la quantité de protéines (si vous en mettiez) pour ne laisser que la purée d'élevage (de la marque Tropican ou Kaytee). Ajoutez à ce mélange quelques gouttes de vinaigre de cidre. Procédez comme suit durant 24h, puis recommencez lentement à densifier la nourriture lorsque le transit repart.

- Si l'oisillon continue de ne pas déféquer, donnez-lui directement dans le bec quelques gouttes de vinaigre de cidre tiède, et cessez le nourrissage durant une à deux heures.

- Si l'absence de déjections s'accompagne d'un comportement atypique (l'oisillon ne réclame plus à manger, se met en boule,...), référez-vous à cet article.

Les oisillons s'affaiblissent et/ou sont en retard de croissance :

- Il peut s'agir d'une sous alimentation. Concentrez d'avantage la nourriture et/ou donner la becquée plus souvent (pas plus que toutes les 30 minutes).

- Augmentez le rapport de protéines dans le mélange et broyez davantage de vers de terre et de vers de farine.

- Un léger retard n'est pas vital pour les oisillons élevés en captivité, mais il est important d'en comprendre la cause sous-jacente.

Les oisillons tremblent ou s'agitent de manière anormale :

- Les tremblements peuvent indiquer que l'oisillon a de la fièvre ou qu'il a froid. Augmentez légèrement la température pour voir si cela s'arrête.

- Il peut également s'agir d'un problème neurologique, éventuellement un effet secondaire du marbocyl.

- Si les oisillons s'agitent ou écartent les ailes loin de leur corps, c'est au contraire qu'ils ont trop chaud. Diminuez légèrement la température et hydratez le corps des petits avec un coton-tige imbibé d'eau.

- Dans tous les cas, il est vivement recommandé d'apporter un oisillon malade dans un refuge spécialisé. Veuillez vous référez à cet article.

Les crottes contiennent des bulles :

- Il est normal que les déjections contiennent quelques petites bulles. Essayez de donner de moins grandes quantité de nourriture à la fois pour laissez le temps à l'oisillon de déglutir et de respirer convenablement.

Les crottes sont verdâtres ou oranges :

- Il s'agit dans les deux cas d'infections potentiellement mortelles. Donnez immédiatement une goutte de marbocyl à l'oisillon atteint et séparez-le des autres. Donnez en prévention une goutte de marbocyl diluée dans la nourriture de tous les oiseaux ayant été en contact avec le malade.

 

Excrément d'un jeune oisillon de merle
Crotte d'oisillon verte

- Pour les prochaines 24h, ajoutez quelques gouttes de vinaigre de cidre à la purée de l'oisillon malade.

- Dans tous les cas, il est vivement recommandé d'apporter un oisillon malade dans un refuge spécialisé. Veuillez vous référez à cet article.

La partie brune des crottes est liquide :

- La diarrhée est souvent due à un facteur de stress ou à un changement d'alimentation.

- Si cela continue de manière anormale, ajoutez quelques gouttes de vinaigre de cidre à la purée de l'oisillon malade durant les 2 prochaines becquées.

Mon oisillon est malade et je n'ai pas de marbocyl :

- Téléphonez d'urgence à un centre de soin de votre région, il en va de la survie de votre animal. Veuillez vous référez à cet article.

- Le marbocyl est un antibiotique à large spectre disponible chez n'importe quel vétérinaire. Faites des téléphones et expliquez la situation. Préférez les vétérinaires aviaires qui sont malgré tout plus intéressés par les oisillons sauvages que les autres.

- S'il s'agit de troubles digestifs, vous pouvez toujours donner du vinaigre de cidre ou de la purée de pomme pour aider votre oisillon, mais cela risque de ne pas suffire.

Un oisillon s'est pris la patte/l'aile/le bec dans un cheveux :

- J'ai déjà vécu cela avec des cailles. Essayez tout d'abord délicatement de retirer le cheveux, sans forcer.

- Si cela ne fonctionne pas, immobilisez l'oisillon et utilisez un petit ciseau pour coupez le cheveux. Si vous n'êtes pas sûr de vous ou si le cheveux semble être trop incrusté, aller consulter un vétérinaire aviaire pour qu'il l'enlève pour vous, ou confiez votre oisillon dans un centre spécialisé (référez-vous à cet article). Faites de même si le membre pris dans le cheveux semble être blessé ou noirci.

- Nettoyez quotidiennement la pièce de fond en comble pour éviter que cela se reproduise, et portez un bandana lors des nourrissages.

Un ou plusieurs des oisillons sont morts :

- Il peut s'agir de maladies provoquées par une mauvaise hygiène ou une alimentation inadaptée.

- Des causes naturelles sont également possibles si cela n'affecte qu'un seul oiseau.

Je ne pense pas que mon oiseau puisse se débrouiller seul dans la nature :

- Si vous avez le moindre doute concernant la survie de votre oiseau (s'il montre des difficultés à se nourrir seul par exemple), contactez une volière, un centre spécialisé ou un vétérinaire aviaire auquel vous pourrez céder vos oisillons et éventuellement le matériel d'entretien. Référez-vous à cet article pour une liste des centres de soin.

Je ne sais pas où libérer mon oiseau :

Le lieu doit être adapté aux besoins de l'espèce. Dans le cas des merles :

- Choisissez un endroit calme, proche des habitation mais pas en centre ville. Évitez les grandes concentration de chats, de renards, d'humains ou de voitures.

- Ciblez si possible la proximité d'un point d'eau ou d'un verger.

- Ne libérez pas l'oiseau en forêt ou à la montagne.

- Dans le doute, confiez votre oiseau à un centre spécialisé de votre région : veuillez vous référez à cet article.

 

--> Nous vous rappelons que la détention d'animaux sauvages est interdite. Cet élevage est de difficulté critique et ne doit pas être reproduit ! Si vous choisissez d'outrepasser cet avertissement, veuillez lire le préavis concernant les expérience zoologiques <--

 

--> Retour à la présentation <--

--> Voir le compte rendu de l'expérience <--

Commentaires  

0 #6 Intra-science 30-10-2016 23:46
Citation en provenance du commentaire précédent de PETIT :
bonjour
j'avais trouvé un merle noir tout petit [...] je l'ai élevé et durant sa vie ça a été un ami formidable, je ne m'attendais pas a une amitié et une joie aussi intense avec un oiseau [...] je voudrais maintenant que le temps a passe en avoir un autre a élever est il possible que vous m'en procuriez un [...] bien sur annoncez moi votre tarif, je suis prête a me déplacer pour venir le chercher. j'attend vraiment une réponse
cordialement
Maryse PETIT 30 10 2016

Bonjour Maryse,

Je comprends bien votre vécu avec ce petit merle, ayant moi-même eu des expériences similaires sur de courtes durées. Néanmoins, sachez que la détention d’animaux sauvages est interdite en France, et je ne suis moi-même pas habilitée à fournir ces soins. Par ailleurs, non-seulement j’habite en Australie à l’heure actuelle, mais même si je prenais en charge des oisillons, je n’aurais absolument pas le droit de vous les vendre.

Si vous souhaitez retrouver ce contact que vous aimez tant, voici quelques options qui me viennent en tête :

- Prenez contact avec les centres de soins locaux de votre région (appelez la LPO pour leurs demander des infos, je vous laisse consulter cet article pour quelques références utiles : intra-science.anaisequey.com/. ../... ). Proposez-vous en tant que bénévole dans leur refuge, ou dites-leur que vous êtes prête à accueillir un oisillon en cas de besoin. Il n’est pas rare que les refuges soient surchargés et redirigent les gens vers des particuliers possédant l’expérience et les infrastructures nécessaires. N’hésitez pas à monter un petit dossier au préalable, ça ne peut que faciliter leur réponse.

- Vous voulez un animal de compagnie ? Pourquoi vous limiter aux merles ? Les oiseaux sauvages sont peu adaptés à la vie en captivité, mais il existe de nombreuses autres espèces domestiques que vous pouvez acheter (y compris toute une gamme d’oiseaux intéressants, mais renseignez-vous bien sur leur habitudes au préalable pour cibler ce qui vous correspond).

Bonne chance à vous, j’espère que vous trouverez ce que vous cherchez. N’hésitez pas à me recontacter en cas de besoin.
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0 #5 PETIT 30-10-2016 17:34
bonjour

j'avais trouvé un merle noir tout petit blessé a une patte et au bout de l'aile, il avait peu de duvet et n'ouvrait pas les yeux je l'ai élevé et durant sa vie ça a été un ami formidable, je ne m'attendais pas a une amitié et une joie aussi intense avec un oiseau sans lui je m'ennuie, j'ai 65 ans et c'était pour moi une présence joyeuse, il aimait la musique et chantait, quand presque toute la journée j'était a coté de lui, il me regardait m'observait et gonfler le torse pour me faire voir qu il était content il aimait être sur mon épaule et sur ma tête voila .... il est mort et je voudrais maintenant aque le temps a passe en avoir un autre a élever est il possible que vous m'en procuriez un je précise que par le mal a sa patte son aile allait a peu prêt le vétérinaire m'avait recommandé de le relâché, de plus, nous avions une complicité et une joie de vivre ensemble incroyable

pouvez vous m'en procurer un il me manque trop je vous n remercie de votre, réponse, bien sur annoncez moi votre tarif, je suis prête a me déplacer pour venir le chercher

j'attend vraiment une réponse

cordialement
*Maryse PETIT 30 10 2016
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+1 #4 Intra-science 31-07-2016 10:45
Citation en provenance du commentaire précédent de Sherea :
Super article, qui m’a bien aidé pour savoir (approximativement) l'âge de mon oisillon et à partir de quand espacé les nourrissages ! C'est très intéressant, je vais le garder sous le coude si je trouve d'autre oisillons =)

Merci pour ce gentil message.
Je vous invite à parcourir également l'article ci-dessous, vous y trouverez des informations et références utiles pour prendre soin d'un oisillon (toutes espèces confondues) : intra-science.anaisequey.com/. ../...

Bonne suite !
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