Comment s’occuper d’un oisillon tombé du nid ?

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Dans l'urgence

Dans l'urgence :

 

Avez-vous trouvé un oisillon ?

Cet article vous prendra bien quelques minutes, mais il pourrait sauver la vie de votre protégé.

 

--> AVERTISSEMENT : sachez que pour de nombreuses espèces, il est illégal de récupérer un oisillon même si sa survie et compromise. Si vous choisissez d'outrepasser cet avis, veuillez lire l'article ci-dessous dans son intégralité, de même que ce préavis.

--> Cette section regroupe uniquement les avertissements et les soins de base ! Si après cette lecture vous décidez à vos risques et périls de garder l'oisillon, il est impératif d'étudier l'onglet "informations détaillées" ci-dessus. Je précise que cet article est fondé sur ma propre expérience et qu'il ne couvrira évidemment pas tous les cas de figure.

--> Pour les oisillons en détresse (ne mange plus, se tient en boule, etc.), consultez la liste des problèmes et appelez d'urgence la LPO. Je vis en Australie (décalage horaire de 8 à 10h) et ne suis pas toujours disponible.

 

 

Avant tout !

- Ne récupérez pas un oisillon qui se déplace, sauf si sa survie est en danger (blessure, chats, mort des parents, etc..). Lorsqu'il a des plumes et qu'il sait sautiller, son départ du nid est naturel et il saura généralement se débrouiller seul. Si vous avez recueilli l'un de ces oisillons il y a moins d'un jour et qu'il n'est pas blessé, remettez-le dehors dans un buisson ou dans un nid artificiel (par exemple une boite sans couvercle avec des mouchoirs au fond) hors d'accès des chats. Puis vérifiez à distance que les parents reviennent bien le nourrir les heures qui suivent.

Remarque : les oisillons crient pour signaler leur position à leurs parents, n'interprétez pas cela comme un signe de détresse. Évitez de remettre un oisillon plumé dans son propre nid, car ce geste pourrait effrayer les autres occupants. Si le nid entier est tombé, vous pouvez le raccrocher sur une branche ou le remplacer par un équivalent artificiel.

- Vous POUVEZ remettre un oisillon nu dans son nid. Contrairement à un mythe très répandu, les parents ne sentiront pas votre odeur si vous le touchez (l'odorat des oiseaux n'est en général pas très développé).

- Oui, c'est adorable un oisillon, mais ça l'est moins une fois mort. Êtes-vous prêts à courir le risque ? Sachez qu'en l'élevant vous-même, ses chances de survie seront faibles et que son entretien requerra énormément de soin ; il faudra le nourrir toutes les heures du matin au soir durant des semaines (impossible de travailler dehors), respecter une hygiène extrêmement stricte et se procurer du matériel spécialisé. Rappelez-vous également que la plupart des espèce sont protégées. Si vous n'avez pas le temps, la motivation ou les moyens de vous en occupez, soyez raisonnable et contactez immédiatement un refuge (ou des bénévoles) afin qu'ils prennent en charge la vie de votre oisillon.

--> en France, téléphonez à la LPO.

--> en Belgique, choisissez l'un de ces centres.

-- > en Suisse romande, consultez cette liste.

--> au Québec, voyez les refuges de cet article.

- Ne nourrissez JAMAIS un oisillon si vous n'avez ni le matériel, ni les connaissances requises. Prenez le temps de vous renseigner, car toute action inconséquente risque d'être fatale pour votre protégé. Ne lui donnez ni pain, ni lait. Si l'animal n'a pas encore les yeux ouverts, ne vous risquez pas à l'élever en amateur et contactez un refuge. Inutile de l'apporter chez un vétérinaire généraliste. Même si l'oisillon a l'air en forme, soyez prévenus que son état peut décliner en l'espace de quelques heures.

Remarque ! Les petits passereaux (moineaux, merles, etc...) sont parfois mal accueillis, refusés, voire mal soignés dans les refuges (il y a même des cas d'euthanasie !). Ce manque de professionnalisme ne devrait pas décider de la survie de votre oisillon, alors demandez des alternatives (l'adresse de bénévoles, par exemple). Si vous n'avez pas confiance en un refuge, considérez de prendre soin vous-même de ce petit.


 

1) Une fois l'oiseau recueilli :

 

Habitat :

Il faut maintenir l'oisillon au chaud. Mettez-le dans une boite en carton avec une épaisse couche de mouchoirs (ou sopalin). Ne mettez pas de litière (copeaux, gazon, morceaux de papier, etc.), afin d'éviter que l'oisillon n'ingère des morceaux par mégarde, ce qui peut être mortel. Ne mettez pas non plus de coton, car les fibres abîment les pattes des oisillons. Ne mettez pas d'eau et de nourriture dans la boite quand vous récupérez un oisillon, car la plupart ne savent pas manger seuls et ils risquent juste de renverser le contenu (voir de se noyer).

Faites des trous dans le couvercles afin de laisser passer l'air. Déposez également sous les mouchoirs une bouillotte (ou une bouteille d'eau chaude à changer régulièrement), ou alors installez la boite sous une lampe infra-rouge. Le nid doit être maintenu autour de 36-38 degrés pour un oisillon nu, c'est vital pour leur digestion ! Et entre 25 et 30°C pour un oisillon plumé. Placez la boite dans un endroit calme et laissez l'animal tranquille en dehors des heures de nourrissage. Ne le stressez pas.

Si le plumage ne recouvre pas encore tout le corps, humidifiez sa peau le premier jour toutes les deux heures à l'aide d'un coton-tige imbibé d'eau tiède.

Si vous utilisez une cage, couvrez-la d'un linge ou d'un drap foncé le premier jour afin d'éviter que l'oiseau ne stress et se prenne les barreaux (attention quand même à ne pas l'étouffer).

 

Un bébé merle de moins d'une semaine
Merle de 5 jours dans un nid artificiel
(agrandir l'image)

Hydratation :

Le premier jour, il est possible que l'oisillon recueilli soit déshydraté. Vous pouvez lui donnez une goutte d'eau sur le bout du bec, toute les heures durant les premières 12h. Ne mettez pas l'eau directement dans le bec, car le liquide risque de passer dans la trachée. Par la suite l'alimentation suffira aux besoins quotidiens.

 

Nourriture :

PAS de mélanges maison ! Oubliez les croquettes pour chat (même si votre vétérinaire vous l'a recommandé !), le pain, le lait, les biscuits et autres mixtures douteuses qui provoquent de graves troubles digestifs et affaibliront au mieux votre protégé.

Vous devez nourrir votre oisillon toutes les heures du matin au soir, jusqu'à satiété.

S'il a les yeux ouverts, quelle que soit son espèce, donnez-lui chaque heure à l'aide d'une pincette de minuscule morceaux de viande rouge (steak de cheval ou de boeuf cru) humidifiés dans l'eau chaude. Alternez de temps en temps avec de minuscules morceaux de pomme, des vers de terreaux coupés en morceaux et des vers de farine dont vous sectionnerez la tête au préalable (à acheter en animalerie). Vous pouvez aussi donner de temps à autre d'autres insectes (sauterelles, mouches, etc.).

 

--> Consultez ce site pour d'autres exemples de régime, notamment selon l'espèce récupérée. <--

 

Attention : certaines espèces comme les hirondelles et les martinets (tous deux strictement insectivores), les rapaces nocturnes ou diurnes, ainsi que les pigeons, hirondelles et apparentés ont des régimes très particuliers et doivent être amenés directement dans un refuge !

 

La viande, les fruits et les vers sont donnés à la pincette
Petit morceau de viande rouge à donner avec une pincette

Nourrissage d'un merle d'un mois avec des vers de terreau (© IS)


Si l'animal a encore les yeux fermés, j'insiste : sa meilleure chance de survie est de l'apporter dans un refuge ! Si pour une raison ou une autre vous décidez de le garder, vous avez deux options :

        • Méthode 1 : que je n'ai pas testée, est de le nourrir avec de la nourriture solide, comme un oisillon plus âgé. Je ne peux pas affirmer que les résultats seront probants, mais elle a l'avantage d'être plus "naturelle" et sûre d'un point de vue des manipulations (cela évite que du liquide passe dans la trachée). Je recommande cette méthode si vous n'êtes pas sûr de vous ou si vous ne pouvez pas vous procurer de purée d'élevage comme dans la méthode ci-dessous. Vous pouvez également tenter de broyez ces ingrédients avec de l'eau et d'administrer le liquide avec une pipette (voir plus bas).
        • Méthode 2 : testée avec succès, est d'acheter de la purée d'élevage à la main pour oisillons à laquelle il faut ajouter un complément protéiné. Il existe plusieurs marques, j'ai testé Tropican2 et Kaytee3, mais il y a aussi Nutribird et probablement d'autres à l'heure actuelle (choisissez si possible "pour tout type d'oisillons" et pas seulement pour les perroquets et apparentés). Ajoutez ensuite au mélange un complément protéiné : de la viande rouge broyée (steak de cheval cru) et des vers de terres et de farine broyés.

Pour administrer les mélanges liquides, utilisez une pipette de 1ml munie d'un embout (à demander chez un vétérinaire, c'est important pour éviter que du liquide passe dans la trachée, ce qui peut tuer votre oisillon). Vous pouvez congeler la mixture pour la conserver plus longtemps. Le mélange devra être chauffé avant chaque nourrissage à environ 35°C (une lampe infra-rouge fait bien l'affaire car le micro-onde fait s'évaporer l'eau) et brassé pour répartir uniformément la température. Un mélange froid et/ou pas assez dilué risque de provoquer un blocage du transit chez les jeunes oisillons. Attention également à ne pas obstruer la trachée en versant trop de liquide à la fois (il ne dois pas déborder sur les bords du becs lors des nourrissages).

 

Si vous ne parvenez pas à alimenter correctement votre protégé, donnez-le à un refuge. Je déconseille les autres types de purées vendues en animalerie (pâtée universelle, pâtée aux oeufs,...), elles sont inadaptées pour l'élevage à la main des jeunes oisillons sauvages. De même pour la pâtée pour insectivore, mais si vous décidez d'en prendre, n'oubliez pas de broyer les grumeaux, de bien les diluer et de réchauffer le liquide ainsi obtenu. Je déconseille également le mélange pâtée pour chat et jaune d'oeuf, bien que certains site recommande cette méthode dans l'urgence. 

 

En attendant de le rapporter dans un refuge ou de lui donner une alimentation adéquate, vous pouvez pendant une journée au maximum lui donner toutes les heures des gouttes d'eau où vous diluerez une pincée de sel et de sucre.

 

Une seringue de vétérinaire pour le nourrissage des oisillons nidcoles
L'embout doit être bien fixé pour que l'oisillon ne l'avale pas...

Anatomie générale des voies digestives et respiratoires hautes (Trachée et oesophage d'un merle noire)
Insérez l'embout dans l'oesophage (cela peut aller profond) et évitez absolument de recouvrir la trachée avec le liquide

Nourrissage d'un merle à 12 jours (© IS)


Hygiène et précautions :

J'insiste, faites preuve d'une hygiène irréprochable ! C'est un point essentiel : il s'agit de la cause de mortalité la plus fréquente après le froid et l'alimentation. Lavez soigneusement vos mains et le matériel à chaque nourrissage, enlevez régulièrement les déjections, ne gardez jamais la nourriture trop longtemps (un nouveau mélange avant chaque becquée, un nouveau steak par jour...). Les infections bactériennes sont fréquentes et mortelles si non traitées. Les symptômes ne sont pas toujours visibles à temps, et même si votre oisillon paraît en bonne santé, son état peut se détériorer très soudainement.

Si l'animal peut se déplacer, lavez soigneusement toutes les surfaces auquel il aura accès. Ne le laissez sortir de sa cage que sous stricte surveillance. Mettez des rideaux sur les vitres et nettoyez tous les cheveux, fibres et autres éléments qu'il finira inévitablement par ingérer. L'ingestion de corps étrangers peut être mortelle.

Afin de limiter la propagation des germes, ne maintenez pas ensemble des oisillons issus d'espèce ou de couvées différentes. Si vous recueillez plusieurs oisillons et que l'un présente des symptômes inquiétants, isolez-le.

 

2) Les signes de détresse :

 

Blessure :

En cas de blessure grave, ne touchez pas la plaie et donnez d'urgence votre protégé à un refuge.
Si la blessure a l'air superficielle et que l'oisillon ne souffre pas, nettoyez la plaie à l'aide d'un coton-tige imbibé d'eau tiède. Je vous recommande vivement de l'amener dans un refuge ou de le relâcher rapidement, mais si vous décidez de le garder, soyez extrêmement rigoureux par la suite concernant l'hygiène. Vérifiez la cicatrisation.

Remarque : les plumes arrachées repoussent ! Cela peut prendre jusqu'à 2 mois, mais un petit qui a perdu des plumes est loin d'être condamné !

 

Maladie :

Tant que l'oisillon est actif et réclame, sa survie immédiate n'est pas compromise. Son état peut néanmoins décliner irrémédiablement dans les 24h. Il est très difficile de soigner un oisillon, sachez que les chances de survie sont faibles, même si vos soins sont appropriés. Ne vous blâmez pas en cas d'échec.

Voici les principaux signaux de détresse et les mesures à tenter en cas d'urgence :

        • L'oiseau ne mange plus et ne réclame plus --> commun à la plupart des troubles, notamment si la nourriture est inadaptée. Il faut comprendre la cause sous-jacente en lisant les symptômes ci-dessous. S'il ne présente pas d'autres symptômes, essayez de le faire réclamer comme sur cette vidéo.
        • Les déjections sont fréquentes et liquides : diarrhée --> pas problématique en soit, mais peut témoigner d'autres problèmes si cela se maintient dans le temps. Peut aussi être un symptôme de stress. Donnez moins d'eau et de fruits si vous aviez l'habitude de le faire. Épaississez légèrement la purée si vous donnez des aliments liquides. Assurez-vous que la nourriture soit adaptée. Si la cause n'est pas connue, maintenez l'oisillon hydraté en donnant des gouttes d'eau tiède toutes les heures sur le bout de son bec. Évolution à surveiller.
        • L'oiseau est faible, apathique, ne bouge plus : commun a de nombreux troubles, parfois dû à une nourriture indigeste, par exemple une purée trop épaisse --> augmentez la température du nid entre 35 et 37°C, diluez la purée et chauffez-la à 35°C.
        • L'oisillon tousse souvent, halète avec le bec ouvert ou a une respiration sifflante : pneumonie par aspiration, de la nourriture liquide est passée dans la trachée ! --> doit être traitée d'urgence avec une goutte de marbocyl directement dans son bec. C'est un antibiotique à large spectre que vous pouvez demander à votre vétérinaire. Taux de mortalité très élevé. Privilégiez la nourriture solide, ou veillez à fixer un embout sur votre pipette afin de mieux viser l'oesophage. La purée ne dois JAMAIS déborder sur les bords du becs lors des nourrissages.

bouteille de marbocyl, un antibiotique à large spectre pour animaux
Bouteille de marbocyl

        • L'oisillon ne défèque plus ou les déjections se raréfient (un oisillon défèque normalement après chaque repas) : stase du jabot, souvent due à une purée trop épaisse, l'ingestion d'un corps étranger ou une nourriture indigeste --> Taux de mortalité élevé. Cessez le nourrissage durant quelques heures (si possible jusqu'au retour des déjections) et donnez à la place de l'eau et une goutte de vinaigre de cidre. Diluez la purée par la suite et chauffez-la à 35°C. Ne donnez jamais de "mélanges maison", privilégiez la nourriture solide (viande rouge ou vers) si vous n'avez pas de purée adaptée. Augmentez également la température du nid entre 35 et 37°C.
        • L'oisillon vomit : couramment associé à l'ingestion de corps étrangers et indigestes. Se référer au point ci-dessus. Si l'animal survit, laver à l'avenir soigneusement toutes les zones auxquelles il a accès et identifier si possible la source de l'élément indigeste.
        • L'oisillon perd du poids malgré les nourrissages : il n'a pas suffisamment d'apport en nutriments et/ou il perd trop d'énergie --> Vérifiez que la température du nid soit adaptée à son âge (jamais en dessus de 37°C). Augmenter la fréquence des nourrissage et les quantités données, épaississez légèrement la purée. Si d'autres symptômes apparaissent, il y a peut-être une maladie sous-jacente.
        • Les déjections sont vertes : infection bactérienne due à la nourriture ! --> Souvent associé avec une tache noire sur l'abdomen. Doit être traitée d'urgence avec une goutte de marbocyl directement dans son bec. C'est un antibiotique à large spectre que vous pouvez demander à votre vétérinaire. Cessez ensuite le nourrissage durant quelques heures et donnez à la place de l'eau et une goutte de vinaigre de cidre. Taux de mortalité élevé.
        • L'oisillon se tient en boule : coup de froid et/ou troubles digestifs --> augmentez absolument la température du nid à 37°C ! Donnez-lui une goutte de vinaigre de cidre, puis une goutte d'eau, puis l'heure suivante essayez de recommencer à le nourrir en chauffant votre mélange à 35°C. Ne le nourrissez pas si ce symptôme s'accompagne d'un blocage du transit (absence de déjections), et attendez qu'il recommence à déféquer.

Excrément d'un jeune oisillon de merleLes oisillons sont nidicoles, c'est-à-dire qu'ils naissent nus et aveugles, dépendants ainsi des parents pour l'alimentation
Crotte verdâtre (gauche) et oisillon en boule (droite)

Si votre oisillon présente l'un ou plusieurs de ces symptômes, le plus sage serait de contacter de toute urgence un refuge pour savoir s'ils peuvent le prendre en charge. Si elles ne sont pas traitées, la plupart des maladies sont mortelles moins d'une journée après l'apparition des symptômes. En attendant son départ, donnez-lui uniquement de l'eau contenant une petite pincée de sucre et de sel, augmentez la température de son nid (autour de 37°C), laissez-le tranquille et hydratez sa peau nue toutes les heures à l'aide d'un coton-tige imbibé d'eau tiède.

Soyez conscient que malgré des soins adaptés, il y a des chances non-négligeables que votre oisillon ne survive pas. Nous manquons encore cruellement d'équipement et de connaissances concernant les oisillons sauvages...

 

Après avoir suivi ces précautions initiales, si vous décidez à vos risques et périls de garder l'oisillon, lisez et appliquez intégralement les informations détaillées de l'onglet ci-dessus.

Je répète : sachez que la détention d'animaux sauvages est interdite. Si vous choisissez d'outrepasser cet avertissement, veuillez lire le préavis concernant les expérience zoologiques.

Informations détaillées

Informations détaillées :

Avant de lire cette section, consultez d'abord l'onglet "dans l'urgence", notamment l'encadré "Avant tout".

 

Les oisillons sont beaucoup plus fragiles que les poussins, s’occuper soi-même de ces petits demande un temps et une attention considérable : il faut être disponible 24h/24 durant plusieurs semaines et disposer d’une hygiène et d’un matériel irréprochable pour avoir la moindre chance que l’animal survive1.

Si vous avez déjà ramassé l’un de ces oiseaux je vous recommande vivement de le donner à un organisme spécialisé (volière, vétérinaire aviaire, particulier,… En France, appelez la LPO, et en Suisse consultez cette liste). Ne cédez pas à la tentation de vous en occuper vous-même à des fins récréatives ; si vous décidez de le garder, soyez conscient que sa survie pourrait être compromise même en suivant intégralement les instructions ci-dessous.

 

Sachez également que la plupart des espèces sont protégées et qu'il est interdit d'en récupérer les oisillons, même si leur survie est compromise. Si vous choisissez d'outrepasser cet avertissement, veuillez lire avant tout le préavis concernant les expérience zoologiques.

 

Sommaire

  1. Température et habitat
  2. Hygiène et sécurité
  3. Alimentation et sevrage
  4. Problèmes de santé

La première étape lorsque vous trouvez un oisillon sur le sol est d’estimer son âge afin de savoir s’il peut ou non se débrouiller par lui-même :

- Si l’oisillon possède des plumes et a les yeux ouverts, il est probablement tombé en essayant naturellement de prendre son envol. Dans ce cas, la meilleure approche est de déposer l’animal dans un endroit protégé (dans un nid artificiel, une haie, en hauteur,…) à proximité du lieu de chute et de laisser les parents continuer à le nourrir. Ces oisillons ne sont PAS orphelins.

 

Une jeune mésange tombée du nid
Jeune mésange bleue déjà plumée

- Dans le cas où l’oisillon est blessé ou qu’il est encore nu et aveugle, ses chances de survie dans la nature sont compromises. Vous pouvez dans ce cas raisonnablement récupérer l’animal afin de le mettre à l'abri.

 

Un bébé merle de moins d'une semaine
Merle de 5 jours
(agrandir l'image)

A ce stade, je vous recommande vivement confier votre oisillon à un centre spécialisé. Pour ce faire, lisez en détail l'onglet "dans l'urgence" de cet article. En cas d'hésitation, demandez-vous pour quelle raison vous souhaiteriez réellement élever cet animal, et si ces motivations peuvent prétendre à la survie de votre protégé. Si après réflexion vous choisissez de garder l'oisillon, vous pouvez vous référer aux informations ci-dessous pour essayer de lui assurer le minimum vital.

 

Comme pour la plupart des bébés, l’entretien d’un oisillon s’axe autour de trois points fondamentaux : la température, l’hygiène et l’alimentation. Vous trouverez ci-dessous les principes fondamentaux pour votre rescapé. Soyez conscient que cela pourrait ne pas suffire à sa survie.

 

1) Température et habitat : (sommaire)

Selon leur âge, les oisillons ne sont pas complètement plumés. Si de la peau est encore visible, l’animal a besoin d’une source de chaleur externe pour réguler sa température corporelle.

Dans le cas où l’oisillon est totalement nu, il est impératif de le maintenir jour et nuit à une température comprise entre 37 et 38°C. L’idéal est de placer l’oiseau dans une couveuse (commerciale ou artificielle) afin de maintenir un taux d’humidité élevé durant la première semaine.

 

La couveuse régule les fonctions vitales
Petite couveuse Covatutto, modèle 24 éco à retournement semi-automatique

Dans l’urgence, vous pouvez installer votre petit dans un bac où vous placerez une bouillotte (ou une bouteille d’eau chaude) couverte de papier ménage.

Une autre solution moins efficace consiste à réchauffer l’oisillon avec une lampe infra-rouge, mais il faut humidifier toutes les heures l’oisillon à l’aide d’un coton-tige imbibé d’eau.

Utilisez un thermomètre pour bien ajuster la température : l’hyperthermie déshydrate rapidement l’oisillon et l’hypothermie entraîne une paralysie du système digestif menant à la mort.

 

Installation sanitaire pour le nourrissage des oisillons
Aménagement sous lampe infra-rouge, attention au dangereux manque d'humidité !

Lorsque les plumes commencent à sortir, la température doit décroître progressivement (pas plus d'un degré par jour). Si l’oiseau recueilli commence déjà à se déplacer, la meilleure méthode reste de l’installer dans une grande cage où vous mettrez une lampe infra-rouge. Il s’en éloignera ou s’en rapprochera selon ses besoins.

Lorsque l’oiseau est entièrement plumé, il peut vivre de jour comme de nuit à température ambiante, vous pouvez donc le laisser sortir de sa cage.

 

La cage où l'oisillon sera maintenu avant d'être relâché
Un jeune merle dans sa cage, portes ouvertes
.

2) Hygiène et sécurité : (sommaire)

Les oisillons sont particulièrement sensibles aux germes, les maladies infectieuses sont la principale cause de mortalité. Lorsque vous manipulez l’animal, il est donc vital de bien vous laver les mains (avec du désinfectant) ou de porter des gants en latex jetables. Tout le matériel servant à la nutrition ou au soin des petits doit par ailleurs être désinfecté avant chaque utilisation.

 

Désinfectant liquide à base d'ammonium
Un désinfectant liquide à base d'ammonium ou d'iode est nécessaire

Lorsqu’il ne se déplace pas encore, l’oisillon doit être placé dans un nid artificiel ou un petit bol dans lequel vous disposerez du papier ménage. Veillez à garder le nid, la couveuse et/ou la cage propre en éliminant quotidiennement les déjections.

Une fois que l’oisillon peut sortir de sa cage, il est impératif de nettoyer de fond en comble la pièce où il pourra se balader librement : éliminez TOTALEMENT la présence de fibres, cheveux, poils, sable, poussière et autres éléments que votre protégé risque immanquablement d’ingérer. Mettez également des rideaux aux fenêtres pour éviter que l’oiseau ne s’y écrase en volant.

 

3) Alimentation et sevrage : (sommaire)

Type de nourriture :

Le type de nourriture varie grandement en fonction de l’âge et de l’espèce recueillie. Si votre oiseau a déjà les yeux ouverts et quelques plumes, vous pouvez lui donner de petits morceaux de viande rouge crue (steak de cheval) et des vers de farine dont vous couperez préalablement la tête. Humidifiez les morceau dans un bol d'eau chaude avec une goutte de vinaigre de cidre (cela préviendra les infection bactériennes et réchauffera un peu l'aliment). Veillez à ne pas utiliser la même viande plus de 2 jours d’affilée car les bactéries y prolifèrent rapidement.

Vous pourrez bien sûr varier la nourriture avec le temps en rajoutant des aliments propres à l’espèce en question (vers de terre pour un insectivore, graines pour un granivore, ainsi que des fruits,…).

Attention : certaines espèces comme les hirondelles et les martinets sont strictement insectivores : oubliez la viande rouge et donnez-leur exclusivement des mouches, pucerons et autres insectes (voir par exemple ici). Les rapaces, ainsi que les pigeons et apparentés ont des régimes très particuliers ("lait de jabot" pour les seconds) et doivent être amenés directement dans un refuge !

 

Les vers de terre sont à la base du régime des merles
Un morceau de ver de terre tenu dans une pincette
(agrandir l'image)

Nourrissage d'un merle d'un mois avec des vers de terreau (© IS)


Si l’oisillon n’a pas les yeux ouverts, le mieux est bien sûr de l'apporter dans un refuge car ses chances de survie sont très minces. Si vous choisissez de le garder, vous pouvez soit essayer de lui donner de la nourriture solide (mais je n'ai personnellement pas testé cette méthode), soit lui donner des aliments liquide (ce qui est potentiellement plus "dangereux", mais plus digeste et complet). Dans l’urgence, si les magasins sont fermés, donnez-lui simplement de l'eau où vous diluerez une pincée de sel et de sucre. Il va de soi que ce régime est insuffisant et convient pour une journée au maximum. Par la suite, concernant la nourriture liquide, il vous faut acheter dès que possible en animalerie de la purée d’élevage pour oisillons de la marque Tropican (B-2261 Purée d'élevage Tropican2) ou Kaytee (exact® Hand Feeding Formula for all baby birds3), des produits peu disponibles, mais à ma connaissance les seuls ayant fait leurs preuves avec l'élevage d'oisillons sauvages dès l'éclosion. La poudre est mélangée à de l’eau (consistance de type soupe) et chauffée à environ 37°C (pas de micro-onde, utilisez de l'eau bouillante ou une lampe infra-rouge). Si vous doutez de la qualité de l'eau de votre région, utilisez de l'eau minérale en bouteille.

Il faut rajouter à cette purée de la viande rouge crue broyée au mixer, où l'apport en protéine sera insuffisant. Vous pouvez vous référez à cet article pour des informations plus précises.

Si vous ne trouvez pas ce type de purée, placez votre oisillon dans un refuge ou donnez-lui à vos risques et périls de la nourriture solide (vers de terre, vers de farine, viande rouge et fruits). NE FAITES SURTOUT PAS DE PURÉE MAISON, oubliez les croquettes pour chats, pain, lait, oeufs et n'achetez pas d'autres types de purées industrielles.

 

Marque spéciale hand-feeding pour oisillons nidicoles
Purée d'élevage Tropican, utilisée avec succès dans l'une de mes expérience

Le mélange protéiné est congelé pour éviter la croissance des bactéries
Mélange de viande rouge, eau et vers de farine mixés, le tout congelé pour une meilleure conservation

Méthode et fréquence de nourrissage :

Le nourrissage réclame une attention permanente, il convient donc de vous faire aider pour cette tâche, d’autant plus si vous travaillez à l’extérieur, sans quoi votre oisillon mourra rapidement.

Si votre protégé n’a pas du tout de plumes, il doit être nourri toutes les 45 minutes, de jour comme de nuit durant environ 48h. Par la suite, les nourrissages s’effectuent toutes les heures durant la journée et toutes les 2-3 heures durant la nuit.

Lorsque votre oiseau a les yeux ouverts, vous pouvez arrêter de le nourrir la nuit, mais il faut effectuer le dernier nourrissage vers 22h et le premier à 6h du matin, jusqu’au sevrage.

En ce qui concerne le matériel, cela dépend de l’âge de votre oisillon. Pour administrer la purée d’élevage, la meilleure option est d’acheter une seringue sans aiguille de 1 ml (pas plus grand !) chez un vétérinaire ou en pharmacie. Demandez également un embout pour mieux viser l'oesophage.

 

Une seringue de vétérinaire pour le nourrissage des oisillons nidcoles
Seules les seringues de 1ml conviennent de par leur petite taille (ici l'embout est déjà dessus)

Lors de la becquée, maintenez la tête de l’animal entre deux doigts et insérer la seringue dans son bec vers le fond à gauche de sa gorge (lorsque vous êtes en face de lui). Déversez alors lentement la purée en appuyant sur le piston. Le liquide ne devrait jamais remonter jusqu’à la trachée ou l’oisillon risque de développer une pneumonie par aspiration. Mieux vaut donner de petites quantités à la fois.

 

Anatomie générale des voies digestives et respiratoires hautes (Trachée et oesophage d'un merle noire)

Un bébé merle en train d'être nourri à la pipette (avec de la purée d'élevage)
Visez l'oesophage et évitez absolument de recouvrir la trachée avec le liquide
(agrandir l'image)

Nourrissage d'un merle à 12 jours (© IS)


Il serait également possible de nourrir l’oisillon à la cuillère, mais cette méthode est parait-il très salissante.

La nourriture solide doit quant à elle être donnée dans le bec à l’aide d’une petite pincette, si possible en plastique pour éviter les blessures.

 

La viande, les fruits et les vers sont donnés à la pincette
Petit morceau de viande rouge à donner avec une pincette

Les quantités données dépendent énormément de l’espèce et du stade de croissance. Fiez-vous à l’appétit de votre protégé et donnez-lui tant qu’il réclame.

Lorsque votre oisillon se déplace librement, il cherchera à manger seul en picorant un peu partout. Mettez à sa disposition de la nourriture en tout genre (fruits, graines, vers de terre, vers de farines,…) afin qu’il puisse s’entrainer à manger seul. Ce processus prend plusieurs semaines avant que l’animal puisse se débrouiller. Vous pouvez le libérer après son apprentissage (si possible où vous l'avez trouvé), mais surtout pas avant.

 

En train d'essayer vainement de manger un morceau de pomme
En train d'essayer vainement de manger un morceau de pomme

Un jeune merle qui commence à manger par lui-même (© IS)


Il est utile de peser tous les jours votre oisillon afin de vérifier l’efficacité de vos soins. Si malgré le respect des instructions ci-dessus votre oiseau montre des signes de faiblesse, il faut l'apporter à un refuge ou aller récupérer le jour même un antibiotique à large spectre chez un vétérinaire (à défaut demandez du marbocyl). Consultez la section "problèmes" de l'onglet "dans l'urgence" pour plus de détails sur les signes de détresse.

 

Les intestins et l'estomac sont pleins
Blocage du transit, l'oisillon ne digère pas la nourriture donnée.

- Les déjections produites sont d’aspect particulier, oranges ou verdâtres. (--> vous pouvez momentanément donner à l'oisillon une goutte de vinaigre de cidre ou mélangez de la purée de pomme à sa prochaine portion de nourriture. Donnez une goutte de marbocyl dès que possible).

 

Excrément d'un jeune oisillon de merle
Crotte verdâtre indiquant un problème digestif (stase du jabot)

Les fèces et l'urine sont contenus dans une poche blanche

On distingue bien les fèces et l'urine
Exemple de cottes saines chez un merle

Les oisillons peuvent par ailleurs se montrer sensibles au stress, veillez à ne pas les manipuler hors de la période de nourrissage afin de réduire les risques et de faciliter la libération future. Les oisillons plus âgés peuvent parfois refuser la béquée durant les premières 24h de captivité, donnez-leur alors une goutte d'eau sur le bout du bec toutes les heures.

Soyez prévenu que le moindre manquement à ces instructions peut entraîner la mort de l’animal. Le fait de suivre ces consignes ne garantit toutefois absolument pas sa survie, il vaut donc mieux donner votre oisillon à un refuge, ou être préparé à ce que l’élevage se solde par un échec.

Si vous êtes confrontés à une situation inconnue et/ou que vous avez des doutes sur la marche à suivre, téléphonez à la LPO (cf onglet "dans l'urgence en haut de cet article), à un vétérinaire aviaire (les généralistes ne savent pas s'occuper des oiseaux) ou contactez-moi pour poser votre question. Vous pouvez également poster un commentaire au bas de cette page. Évitez de vous renseigner sur des forums car les informations n’y sont pas fiables.

 

Je répète : sachez qu'il est illégal de récupérer un oisillon, même si sa survie et compromise. Veuillez lire ce préavis.

Cette question ne dispose pas de niveau avancé, il s'agit d'un simple aperçu pour effectuer les "premiers secours" envers un oisillon. Consultez le témoignage ci-dessous pour plus de détails sur le soin des oiseaux nidicoles sauvages :

- Témoignage : élevage d'oisillons dès l'éclosion (merles) --> Compte rendu très complet sur le soin des jeunes oisillons à partir de l'éclosion.

Sources

Sources internet

(1) Expériences personnelles :

- Témoignage : élevage d'oisillons dès l'éclosion (merles)

- Témoignage : élevage de cailles (nidifuges, à titre comparatif)

(2) http://www.hagen.com/france/birds/product.cfm?CAT=8&SUBCAT=809&PROD_ID=08022610040102

(3) http://www.kaytee.com/products/exact-hand-feeding-baby-bird.php

--> voir ici pour les sources bibliographiques

Commentaires   

+1 #141 intra-science 24-08-2016 05:11
Citation en provenance du commentaire précédent de Mureau :
Mon chat ma apporté un oisillon vivant un moineau d'une semaine [...] Je l'ai nourrie avec des vers de farine coupé en deux en laissant la tête.Au fils des jours il grandissait et réclamé.
[...] 2 h plus tard il était mort. Il mangeait 2 à 3 vers de farine toute les 2 à 3 h dans la journée.Aucun problème de défécation . A t'il eu des problèmes avec des vers froid et coupé d'avance.
Donné avec la tête. Cela reste un mystère non élucidé pour moi.
MERCI de me donner des renseignements pour l'avenir et me dire ce que je devrais pas ou plus faire.

Bonjour Mureau,

Je suis navrée pour votre perte, je sais que ce n’est pas une expérience évidente à surmonter.

Il m’est malheureusement très difficile de diagnostiquer votre petit à distance et à postériori, surtout que vous n’avez pas observé de symptômes spécifiques avant son décès (la perte d’appétit est commune à la plupart des troubles). Les causes de mortalité les plus fréquentes sont, dans l’ordre : une nourriture inadaptée, des problèmes d’hygiène ou de température. Mais rien dans votre commentaire me laisse envisager l’un de ces problèmes, et vos gestes m'avaient globalement l'air adaptés.

Il y a tellement de possibilités (carences, maladies et infections, problèmes génétiques, blessures internes, etc), et nous manquons cruellement de connaissances concernant ces petits oiseaux. Avec leur fragilité il est normal que leur état décline en quelques heures, et lorsque des symptômes se présentent, il est souvent trop tard pour les aider (même lorsque la cause est connue).

Désolée de ne pas pouvoir vous éclairer davantage. Espérons que la situation ne se représentera pas...
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0 #140 Mureau 23-08-2016 13:56
Mon chat ma apporté un oisillon vivant un moineau d'une semaine vu son plumage sur le bout des ailes et sur le bout de la queue et du duvet sur la tête et le corps.
Je l'ai nourrie avec des vers de farine coupé en deux en laissant la tête.Au fils des jours il grandissait et réclamé.
4 jours plus tard en soirée il me restait quelques vers pour ne pas les perdre mis au réfrigérateur.
puis 2 h plus tard j'ai voulu lui donner ,et de lui même le recracha alors j'ai attendu un peu trop froid surement .
je lui ai représenté et là avalé 1 ver seulement.
puis remis dans son carton dans un nid que J'avais confectionné avec des disques de coton.
2 h plus tard il était mort.
Il mangeait 2 à 3 vers de farine toute les 2 à 3 h dans la journée.Aucun problème de défécation .
A t'il eu des problèmes avec des vers froid et coupé d'avance.
Donné avec la tête.
Cela reste un mystère non élucidé pour moi.
MERCI de me donner des renseignements pour l'avenir et me dire ce que je devrais pas ou plus faire.
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+3 #139 intra-science 20-07-2016 10:01
Bonjour Mathilde,

Les vers de farine sont un très bon régime, et vous les donnez d’une manière qui me semble convenir. A cet âge vous pouvez laisser les oisillons passer la nuit seuls. S’il s’agit effectivement d’hirondelles (plumes noires et ailes allongées, voyez des images d’oisillons sur internet), ne leur donnez rien d’autres à manger que des insectes.

Concernant l’hydratation, une fois les premiers soins passés, les oisillons obtiennent normalement suffisamment d’eau à travers l’alimentation. En cas de doute, vous pouvez leur donner une goutte d’eau toutes les 2-3 heures sur le bout du bec (cela va rentrer naturellement par les commissures). Trop d’eau peut causer des diarrhées, mais ce n’est pas le plus pressant.

L’urine des oiseaux est expulsée en même temps que les fèces sous forme solide. C’est la partie blanche que vous voyez dans les sacs fécaux : intra-science.anaisequey.com/. ../... ou intra-science.anaisequey.com/. ../.... Quand vous dite que le plus âgé a fait « pipi », à quoi cela correspondait-il ?

Il n’est pas anormal qu’il y ait une certaine irrégularité dans la fréquence ou la consistance des déjections, surtout en cas de stress. Les diarrhées ponctuelles sont typiques et bénignes. Ne vous inquiétez que si une tendance s’installe (absence totale de déjections sur plusieurs heures) ou couplée à d’autres symptômes (apathie, refus de manger, etc.). Dans ce cas il faut cesser les nourrissages, donner une goutte de vinaigre de cidre sur le bout du bec… et espérer. Faites toujours très attention à l’hygiène, comme dit dans l’article ci-dessus.

Vu que les petits sont plumés, pas besoin de source de chaleur supplémentaire en cette période. Néanmoins la nuit je leur laisserais une bouillotte à disposition (sous des mouchoirs). Si les petits ont chaud, ils écarteront les ailes. S’ils ont froid (ce qui est plus grave) ils se tiendront en boule.

J’espère que ces petits survivront à ce sauvetage. Je vous invite à me recontacter directement si vous avez besoin d’aide au cours de votre élevage, je vous répondrai au mieux : intra-science.anaisequey.com/. ../. (Notez qu’il y a 10h de décalage horaire entre la France et l’Australie).

P.S. : Au lieu d’attendre la réponse de la LPO (qui doit être overbookée en cette période de l’année), je vous suggère de leur téléphoner directement pour leur demander des conseils. Demandez-leur si des bénévoles dans votre région seraient par hasard disponibles pour s’occuper de ces bébés, mais si vous le pouvez, je pense que vous en prendrez mieux soin vous-même. J’ai eu beaucoup de plaintes cette année concernant le comportement inadéquat des refuges.
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